Jeudi 30.06.2011 - L'observateur du Cambrésis

L'association pour le développement des soins palliatifs dans le Cambrésis organise un service de visites de bénévoles aux patients en fin de vie de la clinique Saint-Roch.

 membres_ASPChaque année, l’association pour le développement des soins palliatifs dans le Cambrésis, ou ASP, organise une conférence sur un thème porteur lié à la santé. Ce mardi 28 juin à l’Hôtel de ville, c’était « alimentation et cancer ». Des manifestations qui visent à faire mieux connaître l’association à la population locale. Et, ainsi, de recruter de nouveaux bénévoles. En effet, l’ASP ne compte que huit visiteurs, ces personnes qui, un après-midi par semaine, viennent rendre visite aux malades du service de soins palliatifs de la clinique saint roch de Cambrai. « Une loi de 1986 oblige à ce qu’une association soit affectée à la visite de chaque service de soins palliatifs qui se crée, explique Joseph LE DAMANY, coordinateur de la structure. L’ASP est présidée, et a été fondée, par le Directeur de la clinique, Joël CLICHE. » 

 


« J’ai très mal vécu le cancer, puis le décès dû à cette maladie, de ma mère. En devenant bénévole, j’essaie de donner à d’autres ce à quoi ma mère n’a pas eu droit » M-C. NEMETH


 

Le service soins palliatifs de l’établissement de santé ne compte que 12 lits qui accueillent, le plus souvent, des personnes malades du cancer. C’est son vécu par rapport à cette maladie qui a amené Marie-Claude NEMETH à devenir bénévole. « j’ai très mal vécu le cancer, puis le décès dû à cette maladie, de ma mère, explique-t-elle. A l’époque, on accordait moins d’importance à la douleur des malades, et ma mère a atrocement souffert. Plus tard, en tant que correspondante de l’Observateur du Cambrésis, j’ai couvert l’inauguration du service de soins palliatifs de la clinique Saint Roch, et découvert l’ASP. J’avais gardé en tête le projet de m’y consacrer quand je ne travaillai plus. Pour donner à d’autres ce que ma mère n’a pas pu avoir ».

  

Et Joseph LE DAMANY de préciser : « avec les soins palliatifs, la médecine n’abandonne pas le patient qu’elle ne peut pas guérir. Mais le rôle de ce service est de prendre en charge la douleur, physique et morale, de la personne en fin de vie. » pour les visiteurs bénévoles, cette confrontation avec la mort et la maladie peut-être une épreuve. Aussi tout le monde ne peut pas accéder à cette fonction.

 

« Les bénévoles sont sélectionnés, pour le bien des patients, mais aussi pour le leur. On leur envoie des documents sur le rôle de l’association, on leur demande de remplir un questionnaire, on les amène à réfléchir à leurs motivations, ils passent un entretien, précise Sandrine MARTINIG, Psychologue du service. Les visiteurs sont confrontés à la mort, bien sûr, mais aussi à des pathologies très lourdes. Il faut être sûr qu’ils seront bien préparés à cela. »

 

Cette activité est très encadrée, et doit être pratiquée en respectant une charte, signée par tous les intervenants. Chaque mardi, les bénévoles et le personnel médical du service se réunissent et font le point sur certaines situations. Les échanges entre le visiteur et le malade restent confidentiels, mais un groupe de parole est animé chaque mois pour permettre, le cas échéant, aux bénévoles de parler de leur ressenti, d’évacuer la tension qui, parfois, peut apparaître. « On s’attache plus ou moins selon les patients, selon leur vécu, leur famille également, raconte Marie-Claude NEMETH. D’ailleurs, nous pouvons aussi recevoir les familles pour parler avec elles ».

 

Au centre des discussions, tout et rien. En général, surtout, on évoque le moins possible la maladie. « Les personnes hospitalisées entendent parler de leur maladie toute la journée, ça leur fait plutôt du bien de parler d’autre choses, constate Sandrine MARTINIG. Pour les familles, il y a souvent une certaine usure, et la communication avec le malade peut devenir difficile. C’est pourquoi l’intervention d’une personne extérieure peut constituer un véritable soulagement. 

  

L'INTERVIEW

Marie-Claude NEMETH, bénévole au sein de l'ASP

MC_Nemetz

N'est-ce pas trop lourd de côtoyer chaque semaine la maladie et la mort ?

"Si c'était trop lourd, je ne le ferais pas. Et puis, l'association organise des groupes de parole, des formations, et des rencontres avec le prychologue si nous en avons besoin. Le rapport à la maladie n'est plus le même qu'avant, car la souffrance des personnes est limitée".

Que vous apporte cette activité ?

"Elle fait naître des rapports authentiques et sincères...il faut les écouter et ne pas se laisser accaparer."

Cela a t'il changer votre rapport à la mort ?

"Oui, cela aide un peu à relativiser."

 

  

Source : L'observateur du Cambrésis

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